Collection hamARTia

Collection "hamARTia" des Presses Universitaires de Strasbourg

Série "Études"

Série "Textes dramatiques"

La collection "hamARTia" des Presses universitaires de Strasbourg

La collection hamARTia est une collection des Presses Universitaires de Strasbourg créée en 2010 et consacrée aux théâtres des XXe et XXIe siècles (textes dramatiques et arts du spectacle).

Cette collection est le résultat de la collaboration de quatre enseignants-chercheurs appartenant à trois équipes de recherche de l'Université de Strasbourg : Isabelle Reck (EA4376 C.H.E.R. Culture et Histoire dans l'espace Roman), Emanuel Behague (EA1341 Études germaniques), Naoum Abi Rached et Edgard Weber (EA1340-G.E.O. Groupe d'études orientales, méditerranéennes et slaves).

Elle est actuellement dirigée par Emmanuel Behague (EA1341) et Isabelle Reck (RA4376)

La collection se décline en trois formats :

  • Des monographies et ouvrages collectifs > Série "Études" 
  • Des textes dramatiques traduits avec introduction sur l'auteur, son œuvre, son théâtre dans son époque, une bio-blibliographie de l'auteur et une entrevue de l'auteur > Série "Textes dramatiques"
  • Des anthologies de textes dramatiques contemporains ou de textes théoriques > Série "Anthologie"

 

Parution 2015 dans le cadre des programmes IDEX PLaTeaU et Translatio

La phénoménale ventrée du marquis de Ruchestinto, texte dramatique de Euloxio R. Ruibal
Dans sa version trilingue : galicien, espagnol et français
Traduction de l'espagnol vers le français par Pierre-Jean Lombard
Introduction d'Isabelle Reck
Presses universitaires de Strasbourg
Collection "hamARTia"
Série "Textes dramatiques"
162 p.

La phénoménale ventrée du marquis de Ruchestinto de l’auteur de langue galicienne Euloxio R. Ruibal est une pièce représentative du théâtre rituel du Nuevo teatro galicien, théâtre de résistance au cours des derniers soubresauts du franquisme. L’auteur y entremêle l’héritage rabelaisien, l’esperpento de Valle-Inclán et la farce du potache Alfred Jarry. Il emprunte à la culture populaire galicienne les manifestations parathéâtrales et les figures du carnaval ainsi que les rituels du deuil (pleureuses et pranto).
Selon le format de cette série "Textes dramatiques", la pièce, publiée dans sa version trilingue – galicienne (1975), espagnole (inédite) et française –, est accompagnée d’une introduction, d’un entretien avec l’auteur et d’une bio-bibliographie.

 première de couverture collection hamARTia PUS, Texte de E. R. Ruibal

 

 

  • Euloxio R. RUIBAL

Euloxio R. Ruibal est né à Ordes (Coruña) le l6 de mars 1945, mais a vécu et vit à Saint-Jacques-de-Compostelle depuis son enfance. Homme de théâtre polyvalent, diplômé de la RESAD, il a été acteur, metteur en scène, directeur de deux compagnies théâtrales de Saint-Jacques-de-Compostelle : Teatro de Cámara Ditea de 1963 à 1967, et groupe de théâtre indépendant Obradoiro, dont il a été le fondateur et le directeur de 1970 à 1973.

Outre le théâtre, il s’est impliqué dans la production cinématographique avec le groupe Equipo Lupa de cinéma indépendant (Saint-Jacques-de-Compostelle/La Coruña) qu’il a créé et dirigé de 1970 à 1976.

On lui doit aussi, toujours à Saint-Jacques-de-Compostelle, la création des galeries d’art Torques (1975-1979) et Citania (1978).

Son implication dans la vie culturelle et artistique de sa ville est importante : il a été secrétaire de l’Association des galeries d’Art de Galice, président de l’Association des Auteurs dramatiques de Galice et de l’Association des Auteurs de langue galicienne, co-directeur de Citania, revue d’études artistiques et littéraires, membre du Consejo Asesor de la Gran Enciclopedia Galega Silverio Cañada, de la section Musique et Arts scéniques du Consello da Cultura Galega, et membre numéraire de la Real Academia Galega.

Diplômé de la RESAD (Madrid), docteur en Théorie de la littérature et en littérature comparée (Université de Saint-Jacques-de-Compostelle), chercheur au sein du Centre d’Études filmiques (CEFILMUS), il a enseigné les arts de la scène et l’expression audiovisuelle dans cette même université.

 

  • Extrait de l'entretien de Pierre-Jean Lombard avec Euloxio R.Ruibal

Q.- La descomunal panzada del marqués Ruchestinto est une œuvre du franquisme tardif que tu as écrite en galicien, traduite en espagnol et que je suis en train de traduire en français. Quelle te semble avoir été la principale difficulté de la tâche qui a consisté pour toi à traduire ta propre pièce en espagnol ?

R.-Cette petite pièce allait être publiée en édition bilingue dans la revue Pipirijaina. C'est la raison pour laquelle je l'ai traduite. Les difficultés de toute nature furent nombreuses et les résoudre n'a pas été sans mal. Je ne parvenais pas à trouver la sonorité ni le rythme qui sont fondamentaux dans la pièce. J'y ai consacré énormément de temps et le résultat n'est pas celui que j'espérais, mais je ne suis pas parvenu à mieux faire. J'ai même dû changer le titre ; du coup, on perd l'idée de quelque chose d'interminable que l'on trouve en galicien, une lamentation qui semble devoir durer éternellement.  On perd également de nombreuses «images visuelles», bien que, je suppose, cela doit être fréquent en traduction.

Q.- Sur quel matériau galicien se fonde La descomunal panzada del marqués Ruchestinto ?

R.- Il existe une tradition ethnographique qui consiste à pleurer les morts de manière théâtrale. C'est là le travail de professionnelles : les carpideiras. Psalmodies et litanies se succèdent interminablement pour louer les vertus du défunt. Cette tradition s'est perdue. Elle connut une diffusion littéraire (principalement théâtrale) par le truchement de nos écrivains classiques contemporains : Valle-Inclán, Otero, Blanco-Amor... Je me suis inspiré à parts égales de la manifestation anthropologique et des interprétations littéraires (assez réalistes). Dans mon œuvre, le « pranto » intervient avant la mort du Marquis et les psalmodies tendent vers le scatologique, le grotesque, la transgression directe... Elles sont de nature très différente.

Q.- Dans cette pièce, quelle relation entretiennent la culture populaire et la culture savante ?

R.- Oui, effectivement, dans cette farce se mêlent des éléments de chacune de ces deux cultures. Les psalmodies et les éloges du Marquis contrastent avec un autre type de textes insérés dans la pièce comme des collages, une autre forme d'intertextualité. Des textes de Balmes, Machiavel et Platon, sont intercalés en guise de dialogues ; ce sont eux qui établissement véritablement cette grande différence entre le folklorique et le savant. Une publication de la professeure Carmen Becerra traite du mythe du pouvoir dans cette pièce. Elle nous serait fort utile pour nous référer à certaines questions, mais surtout à la définition qu'elle en donne, ou mieux encore, aux différentes définitions de grands spécialistes de la mythologie sur le mythe du pouvoir.